Café-philo du 23 janvier 2008 au Café des Arts à Poitiers

10 personnes présentes.

Sujets proposés :

  1. Doit-on vivre en suivant le mouvement ? [4]
  2. Faut-il lire ? [3]
  3. Faut-il choisir entre laïcité et croyance ? [3]
  4. La mort nous aide-t-elle à vivre ? [5]
  5. Dieu est-il un tube de vaseline ? [3]
  6. La folie est-elle une excuse ? [5]
  7. Les vices privés font-ils la fortune publique ? [3]
  8. L’homme à force de vouloir être libre devient-il un objet ? [8] sujet débattu

La phrase est de J ATTALI et l’annonce de son auteur donne rapidement une connotation politico-économique au débat. Le contexte (ATTALI et son rapport) peut nous amener à penser que l’auteur cherche à faire passer un message. Vouloir être libre, c’est être en quête d’une utopie. C’est se soumettre à un rêve et finalement, être en dehors du réel. La liberté n’est pas dans le mythe de l’Aménagement et la Réduction du Temps de Travail (les 35 heures) mais dans le travail qui nous procurera les conditions matérielles et donc bien réelles d’accéder à notre liberté et d’en être acteur. C’est du pur matérialisme (pas dialectique !).

Qu’est-ce qu’être libre ? Quand est on libre ? La liberté est-elle appréciée uniquement d’un point de vue intellectuel, point de vue dans lequel les émotions seraient absentes et donc déshumanisante !

Doit on penser la liberté d’un point de vue individualiste, c’est-à-dire une sorte d’abstraction dans laquelle les autres n’ont rien à faire ; ou encore, un monde où les pulsions de chacun peuvent s’exprimer librement. Une sorte de chaos permanent. On est alors dans une position qui nie la nature humaine, dans sa nécessité d’interdépendance. L’Homme a besoin de la dimension sociale pour être et exister.

L’essence de l’Homme nous impose de penser la liberté dans sa dimension collective. « Notre liberté commence, là où finit celle des autres ». Certes, mais encore faut il que cette sentence ne soit justement pas laissée à l’appréciation de chacun. Sinon, on revient à la loi du plus fort, pré révolutionnaire. Le principe de liberté doit être garanti par un niveau supérieur à l’individu : le politique. L’individu abdique une partie de sa liberté pour déléguer au politique le droit d’organiser la liberté collective. Ainsi, ce qui peut apparaître comme une contradiction du point de vue de l’individu (une société libre dans laquelle il y a une caméra à tous les carrefours, ou encore une nation libre qui impose la mobilisation à chacun pour faire la guerre), prend du sens dans la dimension sociale.

L’Homme est libre parce qu’il appartient à une société qui lui garantit les conditions de sa liberté. Par la même, il renonce à une partie de sa liberté personnelle ; celle qui n’est pas compatible avec la liberté collective. Dans un même élan, il accepte la domination du social et reconnaît l’Autre comme un égal ; c’est-à-dire ayant le même droit à la liberté. Mais, la révolution ne garantit elle pas plus la propriété de chacun que sa liberté ? Elle organise ainsi le principe de l’égoïsme partagé.

La révolution instaure une liberté et une égalité de Droit.

Mais celle-ci correspond elle à une liberté de fait ?

La liberté où chacun ferait tout ce qu’il veut, sans limites, confine à la folie ou encore à la compétition (la loi du plus fort). De fait, chacun est soumis à des contraintes, des obligations qui conditionnent notre espace de liberté ; les conditions matérielles de notre existence, nos pulsions, nos sentiments, notre éducation,… notre liberté ne consiste pas tant à s’affranchir de toutes ces contraintes, qu’à les choisir, les organiser, les dépasser. C’est passer d’un niveau de soumission à un autre niveau de soumission. C’est alors, éventuellement, la nature de nos choix qui nous réifie. Être libre, c’est choisir et agir. Il y a sans doute là, l’idée d’une révolution personnelle qui conduit chacun à construire sa propre liberté.

Mais si être libre, c’est faire le choix de ses dépendances, à quoi cela sert-il, puisque nous restons dépendants ?

La liberté ne correspond pas à un état défini mais à une dynamique dans laquelle chacun va tenter de dépasser un état singulier au profit d’un autre état singulier. C’est dans ce dépassement que chacun peut (se) réaliser, être SOI.

La liberté est donc un rapport intime à soi même, un regard sur ce qui est gagné, mais un rapport aux autres car l’on ne peut se réaliser seul.

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