Café-philo du 13 mai 2009 au Café des Arts à Poitiers

15 personnes présentes.

Sujets proposés :

  1. Comment critiquer sans dommage pour la dignité ? [8]
  2. Est-il devenu déraisonnable de mourir ? [6/12]
  3. Quelle pourrait être notre vision de la vie dans cinquante ans ? [3]
  4. Faut-il boire pour être heureux ? [4]
  5. Le futur est il plus loin qu’on le pense ? [3]
  6. Est-il facile de changer d’avis ? [5]
  7. La démocratie participative est elle la forme la plus aboutie de la démagogie ? |9]/[8] sujet débattu
  8. Le bonheur est il un but ? [9]/[7]

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1 commentaire

    • Doriane on 18 mai 2009 at 22 h 22 min
    • Répondre

    Bien le bonjour à tous.

    Je n’avais pas voté pour ce sujet parce qu’il me semblait appartenir à une discussion politique plus que philosophique.

    Comme ce café phylo est un micro système démocratique dont l’autorité participative appartient à la majorité, et puisque la majorité a choisi ce sujet, alors j’ai participé au débat. Libre à moi de ne pas rester, d’ailleurs une personne est partie, libre à moi aussi, d’écouter sans intervenir, libre à moi également de rester et de ne pas écouter, voire même d’être un peu dissipée. Libre à moi aussi de râler ou de bougonner, de fiche le bordel ou d’avoir toutes autres réactions ou attitudes qui pourraient être mal perçues par la majorité participative.

    Le problème est toujours le même, bien entendu qu’on a la liberté de ne pas respecter certaines règles parce qu’on a pas choisi, je n’ai pas choisi les règles du café phylo, je n’ai pas voté pour ce système que je trouve parfois bancale, mais lorsque je suis arrivée on m’a expliqué le fonctionnement et la règle. Libre à moi d’adhérer ou non. Rien ne m’oblige à venir tous les mercredi soir mais lorsque je viens, je respecte le règlement quand bien même je n’ai pas participé à son établissement.

    L’essentiel dans ce micro système n’est pas son fonctionnement mais bien la possibilité que j’ai de participer, de proposer et de voter pour parler et m’exprimer librement. Simplement pour cela, des règles s’imposent afin que tout le monde puisse en faire autant. C’est le moyen mis en place pour que la majorité participe et jamais je ne dirais : « votre système est nul, je fais ce que je veux, je n’ai pas décider alors je ne le respecte pas ! ». Rien ne m’empêche de proposer un autre système de fonctionnement pour donner la parole et à moi de convaincre la majorité que mon système est meilleur que celui en place qui n’est pas toujours efficace et même parfois défaillant.

    Dans ce mini groupe démocratique d’une quinzaine de personne tout au plus, on peut percevoir quelques dérives même avec très peu de participation. En effet, si une personne même par inadvertance, s’exprime avant son tour de parole, elle est immédiatement rappelé à l’ordre et même parfois de façon brutale. La règle c’est la règle. C’est à compter du moment ou il faut la respecter que la démocratie devient astreignante, qu’elle soit représentative ou participative. La preuve, même avec quinze personnes, s’il n’y avait pas de règle ce serait le foutoir total et avec le minimum de lois instituées on penche parfois dans la dictature pour éviter l’anarchie.

    Ne serait-ce pas ça la démagogie ? Laisser croire que le système est bon pour tout le monde alors qu’il est construit exactement avec les mêmes principes que tous les autres et qu’il est bon de le respecter avec la même rigueur que tous les autres.

    Imaginons un café phylo avec deux cents personnes ! C’est certain qu’il faudrait imposer de nouvelles lois. Je ne peux pas énumérer toutes les règles qui s’imposeraient naturellement mais c’est certain qu’avec autant d’individus dans une salle si petite et avec le temps imparti, il y aura très vite un désordre absolu digne de l’entropie. Déjà avec quinze, seulement un quart arrive à l’heure, la discussion ne durant plus qu’une heure et demi au lieu de deux, le temps de parole moyen par personne tombe de huit minutes à 6 minutes. Heureusement que bon nombre ne parle ! S’il y avait deux cents personnes il faudrait prévoir une durée plus grande par session environ une vingtaine d’heures si on veut garder une temps de parole équivalent par participant. A savoir que dès lors qu’il y aurait plus de 240 personnes, c’est le temps de parole moyen qui devra diminuer du fait qu’une journée ne contient que 24 heures. Les questions d’ordre matériel, intendance et logistique s’imposeraient nécessairement. Trouver une structure suffisamment importante pour recevoir 240 personnes et établir des règles pour payer les locaux et les charges liées. Ensuite s’imposerait la nécessité de définir des règles plus strictes sur le système de vote. Comment demander un sujet à 240 personnes. Rien que ça, prendra au moins deux heures, d’où l’obligation si on veut laisser à tous la possibilité de s’exprimer de diminuer encore le temps de parole. Ensuite, il faudra que les 240 personnes votent sans tricher pour un sujet, et que le gestionnaire du comptage des votes ne se trompe surtout pas dans les calculs sous peine de rébellion générale. Pour ça il faut encore compter une bonne heure si le système est efficace et optimisé. On en est donc plus qu’à 21 heures de discussion, soit 5,25 minutes de parole en moyenne par personne.

    C’est un problème, physiologique, 240 personnes sur 21 heures, ça bouffent, ça chient, ça dort ! Ça va, ça vient ! Comment gère t-on les allers et venues, encore des règles ! Et si mon voisin urine sur place juste parce qu’il est libre et qu’aucune règle ne lui interdit de se faire dessus ou de manger des prunes et cracher les noyaux sur les petits copains, aurais-je toujours envie de parler librement ?

    Bref ! L’idée c’est de dire que le système en place est certainement un système de démocratie participative. Sauf que pour participer on nomme des représentants qui parlent pour nous. Le système était déjà en place quand je suis née et je l’accepte en l’état même s’il a des failles. Comme au café phylo. Je suis libre de choisir qui je veux pour me représenter. Je vote pour choisir le parti qui me convient le mieux, aux élections municipales, aux élections régionales, aux élections législatives, aux élections cantonales, aux élections européennes et aux élections présidentielles. Parfois il y a même des référendums !

    Si aucun parti ne convient à mes idées ou si le système est pourri, j’ai le droit de le dire et de créer mon propre parti pour défendre de nouvelles idées et un nouveau système. Comme au café phylo, à moi de défendre mes opinions et mes concepts. Si la majorité pense que j’ai raison elle votera pour mes idées et non l’inverse. C’est à dire, la démagogie pure, choisir les idées de la majorité afin qu’elle vote pour moi.

    Reste à discuter sur la réalité de nos libertés.

    Bonne journée.

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