Café-Philo du 20 septembre 2017 au Café des Arts à Poitiers

20 présent(e)s

Sujets proposés :

  1. Qu’est-ce qui peut justifier l’usage de la force ? [11]
  2. L’émancipation des hommes et des femmes peut-elle se faire réciproquement ? [3]
  3. Qui a inventé la paix ? [3]
  4. La condition humaine est-elle enviable ? [5]
  5. Est-ce penser que d’avoir une opinion ? [6]
  6. Nos convictions morales sont-elles fondées sur l’expérience ? [12] Sujet débattu.
  7. La curiosité est-elle un vilain défaut ? [7]
  8. Pourrions-nous nous passer des mots ? [8]
  9. Pourrait-on vivre sans passé ? [7]
  10. Toute fin n’est-elle que moyen ? [1]

La prochaine fois, si vous prévoyez de ne pouvoir éviter d’arriver en retard
et de trouver le café-philo au complet : passez un coup de fil au : 05.49.47.18.96, avant 18h30,
et laissez avec votre prénom un message pour prévenir et avoir une entrée de réservée


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Sujets du café philo de Poitiers

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(2 commentaires)

  1. Corrigé BAC L de philo 2016: « Nos convictions morales sont-elles fondées sur l’expérience? »

    (transmis par jcs) : Corrigé bac L de philo 2016: « Nos convictions morales sont-elles fondées sur l’expérience?

  2. Un professeur de philosophie vous propose un corrigé du sujet 1 du bac de philo 2016 pour la série littéraire. Il aborde la question des mœurs et cite Kant.
    « Nos convictions morales sont-elles fondées sur l’expérience? »

    Ce corrigé, proposé par Brice Casanova, professeur à Poitiers, n’est qu’une des approches possibles.


    Première partie

    Question qui semble n’interroger que la question morale: nos mœurs sont-elles fondées sur l’expérience? Ce qui laisserait peu de doute et ne poserait pas vraiment de problème. Nous héritons de nos mœurs, nous créons nos mœurs dans un rapport évident à l’expérience sociale et morale. Cependant un problème commence à poindre à partir de la notion de fondement. En effet, si nos mœurs se construisent par rapport à l’expérience, il ne suit pas de là que nous les fondions sur cette expérience. On pourrait aussi les fonder sur des principes dogmatiques et non pas empiriques. Ce problème s’alourdit si on remarque de plus qu’il ne s’agit pas tant de nos mœurs que de nos convictions morales. Ce sont ces convictions, et ce sur quoi on les fonde qui rendent le sujet problématique. Après tout, il y a pas mal de choses que nous faisons sans convictions particulières. Ce qui est en question ici ce sont les choses que nous faisons et à quoi nous attachons la conviction que nous devons le faire, que ça doit être fait, et cela, pour des raisons fort solides et qu’on pourrait éventuellement entreprendre d’expliquer.

    On peut commencer par considérer que nos convictions morales se confondent avec nos mœurs et que tout repose indistinctement sur l’expérience. Ainsi, la sociabilité, la convivialité, la prudence, l’honnêteté, la sincérité seraient des choses que l’on fait en trouvant dans l’expérience la confirmation qu’on a raison de le faire. Mais que recouvre cette impression et en quoi consiste cette raison? Si précisément cette raison est fondée, on en arrive vite au constat que, s’il peut y avoir des cas d’exceptions, il n’y a pas vraiment d’expérience qui pourrait nous donner tort de faire ce que nous faisons. Nos convictions morales seraient donc d’un autre ordre que nos mœurs elles-mêmes.

    Deuxième partie

    Nos convictions morales relèvent d’une rationalité stricte et entière. Il faut ici s’en remettre à Kant qui montre dans les Fondements de la métaphysique des moeurs comment et pourquoi la maxime de nos actes doit être nécessairement conforme à l’universalité qui en fait aussi bien un principe. Ce sont ces actes auxquels nous pouvons attacher une conviction entière; ces actes aussi auxquels aucune expérience ne peut infliger de désaveu. Comme on le sait, l’honnêteté peut ne pas payer tandis que la malhonnêteté peut s’avérer gagnante; si une telle expérience nous inquiète, nous indigne, elle n’en peut pourtant pas aboutir à bouleverser nos convictions qui se fondent sur quelque chose qui dépasse cette expérience. On peut alors se demander ce que recouvre la notion d’expérience morale.

    Troisième partie

    L’expérience morale est le point de rencontre entre l’objectivité des actes commis et la subjectivité de l’agent qui les porte. Elle aurait donc un sens finalement éthique: il s’agit moins de faire ce qui serait supposé être le bien que d’être bien avec le bien qu’on fait. On peut bien sûr se demander comment on pourrait être mal avec le bien qu’on fait? Or, c’est l’acquis du travail de la psychanalyse que d’avoir montré le trouble et éventuellement le mal fait par une injonction morale in-assumée voire in-assumable. On pourrait donc ici être spinoziste et chercher les voies d’une réconciliation entre nos mœurs et nos désirs pour que nos convictions morales trouvent finalement à se fonder sur une expérience cohérente à elle-même.

    Conclusion

    Finalement, si nos convictions morales trouvent à se fonder c’est sur une expérience qui permet au sujet moral de s’assumer au travers de ce qu’il fait.

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